Guy-Claude BURGER

 

La condamnation de G-C BURGER pour pédophilie

Aux assises de Melun, Audrey raconte deux ans de viols par Guy-Claude Burger
LE MONDE | 28.11.01 | 13h49

 LA VOIX est douce, presque enfantine. Mais ce qu'elle décrit glace le sang. Pendant près de deux heures, lundi 26 novembre, Audrey, vingt-cinq ans, a raconté aux jurés de la cour d'assises de Seine-et-Marne (Melun) comment Guy-Claude Burger l'avait séduite, puis violée, deux années de suite, alors qu'elle n'avait pas onze ans. "Ce n'était que de la souffrance, se souvient la jeune femme. A dix ans, vous êtes fragile, vous avez besoin d'affection, vous tendez la main à une personne qui vous écrase, vous pulvérise, dans votre chair et votre mental. Alors après, vous avez quelle vision du monde ?" Audrey ne cite jamais Guy-Claude Burger, qui la dévisage froidement dans le box des accusés. Elle parle de "cet homme-là" pour évoquer celui contre qui elle a fini par porter plainte, en 1997, pour "passer à autre chose".

Ce "monsieur barbu avec des longs cheveux", accusé de viols et d'agressions sexuelles sur mineurs de moins de quinze ans, elle l'a rencontré en 1987 au château de Montramé, près de Provins (Seine-et-Marne). Sa mère, adepte de médecines douces, était venue y passer une semaine avec sa sœur malade en cure d'instinctothérapie, cette doctrine du "manger cru" développée par M. Burger et mise en pratique au château (Le Monde du 25 novembre).

L'homme, alors âgé de cinquante-trois ans, est "gentil", il lui témoigne "beaucoup d'attention", lui propose même de tourner dans un film avant de l'inviter dans sa chambre. "Je me retrouve sur ses genoux, je me blottis dans ses bras, il me fait des bisous, certains un peu mouillés, mais cela ne me dérange pas plus que ça." Audrey a trouvé un "ami" qu'elle considère déjà "comme un père", celui qu'elle n'a plus depuis sa petite enfance.

La fillette passe sa première nuit dans la chambre de M. Burger quelques heures après le départ de sa mère, "enchantée par la beauté des lieux", qui a accepté de la laisser seule une semaine dans ce château. Audrey se déshabille et enlève sa culotte, parce que celle-ci "empêche de faire passer l'énergie", comme le lui explique Guy-Claude Burger. La suite, elle ne l'a "pas trop comprise"et refuse d'en parler à la barre. C'est le président de la cour, Yves Jacob, qui poursuit le récit en lisant aux jurés les procès-verbaux d'audition. Le lendemain, Audrey passe la journée allongée sur une pelouse. "Je ne comprenais pas, j'avais mal partout, ça brûlait. Ça a continué pendant toute la semaine."

"UN LAVAGE DE CERVEAU PAS POSSIBLE"

Pourquoi n'a-t-elle rien dit, ni demandé à partir quand sa mère est revenue la chercher ? "La question, je me la suis beaucoup posée et je n'ai pas la réponse. J'aimais tellement pas chez moi que je préférais encore ça", soupire-t-elle. Sous le tutorat de M. Burger, elle reste au château pour y suivre "l'école à la maison", comme le fils de M. Burger, dont elle tombe amoureuse. Les relations sexuelles imposées se poursuivent avec le maître des lieux, qui la maintient sous "une pression psychologique continue" : "Je n'avais pas le droit de dormir en pyjama, mais j'avais droit à des humiliations permanentes, à un lavage de cerveau pas possible, tout en subtilité et en perfidie." S'il est si difficile aux victimes de témoigner, poursuit-elle, c'est que "cela prend des années avant de réaliser ce qu'on a vécu et à qui on avait affaire". C'est d'autant plus dur quand "on ne peut pas en vouloir" à son agresseur, avec qui "il y a une relation affective toujours entretenue". "J'ai réellement aimé cet homme", murmure Audrey, qui a été méthodiquement préparée, en 1988, à être entendue par la justice, saisie d'une première plainte pour agression sexuelle déposée par une curiste. "J'ai eu des cours et des simulations d'interrogatoires, j'étais blindée. Quand j'ai vu le juge pour la première fois, j'étais très fière de moi. J'ai dit "Non, il ne s'est rien passé.""

Audrey a-t-elle enfin éprouvé une pulsion sexuelle pour l'adulte, comme le soutient Guy-Claude Burger, qui se souvient qu'elle lui a demandé, le soir, de pouvoir dormir avec lui ? "Je lui disais non, répond la jeune femme. Un enfant de dix ans a une sexualité à lui. Il n'a pas de pulsions sexuelles envers un adulte. Le problème, c'est qu'il peut y avoir un certain plaisir physique, et c'est pour ça qu'on culpabilise. Si on masturbe un enfant, il a du plaisir. Mais il ne faut pas l'aider. Il n'a besoin de personne pour ça. Il peut se débrouiller tout seul."

A la barre, Audrey ne flanche pas et répond avec un aplomb qui déconcerte les avocats de la défense. Sa mère, en revanche, peine à finir ses phrases quand elle évoque une "gamine qui passait des journées entières à pleurer". "J'étais aveuglée, murmure-t-elle. J'ai honte. Je me suis sentie très coupable."

Alexandre Garcia

ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 29.11.01 du Monde

"15 ans requis contre le gourou de l'instinctothérapie
L'avocate générale n'a pas trouvé de circonstances atténuantes au présumé pédophile.

Par FABRICE TASSEL"

Ç Guy-Claude Burger est inamendable, et cela ne s'arrangera pas. Il a de la culture, de l'intelligence, des antécédents judiciaires, trois outils qui signifient qu'il est pleinement conscient de ses actes. Je demande une mise à l'écart par une peine de prison de quinze ans. Vous montrerez aussi que vous n'avez pas été dupes de ses manœuvres consistant à déplacer le débat sur le terrain des idées et non celui des faits.» L'avocate générale Dorothée Dard achève ses réquisitions. Guy-Claude Burger, le gourou de l'instinctothérapie, jugé depuis deux semaines par la cour d'assises de Seine-et-Marne pour viol et corruption sur mineurs, n'a pas souri une seule fois, posture rare pour un homme qui aime afficher ses certitudes. A 67 ans, il risque une troisième condamnation, après celles prononcées en Suisse en 1959 et 1977. Hier, les avocats des parties civiles et le parquet ont insisté sur «cette histoire qui se répète depuis quarante ans».

A travers le parcours de plusieurs victimes, l'avocate générale cerne le système Burger: «Chez toutes ces victimes, on note l'absence du père. Burger en profite pour culpabiliser la mère sur le vide affectif éprouvé par son enfant. Vient l'endoctrinement par l'instinctothérapie et la métapsychanalyse. Enfin, la communauté fait comprendre à la mère qu'elle ne peut plus prendre en charge ses enfants, qui sont alors livrés» à la secte. Me Alain Duflot, l'avocat d'une partie civile, parle «d'un laboratoire, d'une école de la pédophilie».

Au-delà des faits, tous mettent d'abord en avant l'emprise psychologique sophistiquée développée par Guy-Claude Burger. «Pour les enfants du château, tout ce qui s'y pratique est la norme, d'où leur long silence.» Un témoin s'est qualifié «de victime non de Guy-Claude Burger, mais de ses théories» pour caractériser sa perte de repères.

Me Agnès Fichot, le conseil de l'association Enfance majuscule, rappelle le propos d'une femme: «J'étais fière qu'il veuille passer une nuit avec moi.» «En début d'audience, vous étiez un seigneur, le maître de l'instinctothérapie. Monsieur Burger, vous êtes un seigneur de la pédophilie, théoricien et praticien», lance Me Olivier Morice, le défenseur d'Audrey, la seule jeune femme à avoir maintenu sa plainte, qui évoque aussi «l'apparence sociale crédible de Burger, physicien, musicien. Mais s'il est condamné, toute la communauté s'écroulera».

Car la vie continue au château de Montramé, dont des adeptes sont venus témoigner en faveur de Guy-Claude Burger. «Vous ne pouvez pas leur faire confiance», lance l'avocate générale aux jurés, en détaillant «les contradictions, les oublis, les mensonges» de ces témoins. Mais pour Me Fichot, ils ne sont pas les coupables. «Ces victimes qui ne disent pas, ou celles qui disent, ont besoin de trouver une liberté fondamentale, le droit d'être une victime. Il faut savoir un jour s'émerveiller d'avoir dépassé le malheur.» 

Quinze ans ferme pour le gourou pédophile : Guy-Claude Burger a été reconnu coupable de corruption et de viols.

                                 Par FRANÇOISE-MARIE SANTUCCI   Le vendredi 7 décembre 2001

                        Hier soir, les jurés de la cour d'assises de Melun (Seine-et-Marne)
                         ont condamné Guy-Claude Burger, le fondateur de
                         l'instinctothérapie, à quinze années de réclusion criminelle. Suivant
                       ainsi les réquisitions de l'avocate générale qui avait, mercredi, qualifié
                       cet homme de 67 ans de «manipulateur» et d'«inamendable», la
                       cour l'a reconnu coupable des quatre crimes et délits qui lui étaient
                       reprochés: corruption, agressions sexuelles et deux viols. Son ancien
                       ami, Jean-Claude Rostaing, accusé de complicité de viols, a été
                       condamné à cinq ans de prison.

                       Plusieurs d'après l'accusation, mais une seule à affronter Burger, et à
                       ne pas s'être rétractée, les victimes étaient toutes des mineurs de
                       moins de 15 ans, hébergés au château de Montramé près de Provins.
                       Un château où Burger, apôtre du manger cru et théoricien des
                       relations sexuelles entre adultes et enfants, enseignait à ses fidèles l'art
                       de renifler les chairs.

                       Renommée. Le visage fin et parfois souriant, des habits couleur
                       crème piqués d'une cravate sombre, Guy-Claude Burger n'a dit mot à
                       l'issue des plaidoiries de ses trois avocats. Dans son box, le hautain
                       d'hier semblait d'un coup très las. Loin de ses nombreux supporters
                       présents en salle d'audience. Que ce soit à Montramé, en Suisse
                       (pays dont il a la nationalité) ou en Allemagne, la renommée de
                       Burger est encore importante. Ces jeunes gens bien bâtis, tirés à
                       quatre épingles plutôt que babas cool, suivent des yeux leur «gourou»,
                       terme que n'aiment pas beaucoup les trois avocats de Burger.

                       «Gourou, ça fait secte; et secte, ça terrorise», dit Sylvie
                       Demolière. Elle s'attache à étudier, rapidement, la
                       «métapsychanalyse», terme usité par Burger pour ficeler ses théories
                       pédophiles. Selon l'avocate, l'accusé a juste le malheur d'avoir eu une
                       idée nouvelle. Et «ça dérange», qu'on soit «Freud, Dupont ou
                       Burger». Ça et l'«acharnement médiatico-judiciaire», qu'a tenté de
                       démonter le deuxième avocat, Jean-Michel Voyer. S'en prenant très
                       violemment à une journaliste qui a révélé toute l'affaire, il conclut lui
                       aussi au côté «dérangeant»de son client. Qui semble s'assoupir.

                       Climat. Thierry Lévy, le troisième avocat, prend le temps d'expliquer,
                       avec quelques heures d'avance, sa défaite. «La cause de cet homme
                       est perdue.» Murmures dans la salle. Parce que Burger pâtit, en
                       quelque sorte, de la lutte menée contre les sectes, de son passé
                       judiciaire (il a déjà été condamné en Suisse), de ses théories sexuelles
                       sur les relations entre adultes et enfants, mais aussi, et surtout, d'un
                       climat antipédophile: «Nous vivons dans une société extrêmement
                       permissive, surtout sur le plan sexuel. On montre et tolère des
                       actes naguère réprimés; mais cette même société se montre
                       impitoyable quand on touche aux derniers tabous.»

                       S'attaquant au «tout petit nombre de faits», Thierry Lévy veut
                       semer le doute quant à la seule plaignante du procès: Audrey, 25 ans
                       aujourd'hui, au discours semé de «mensonges» ou
                       d'«affabulations». L'avocat dit: «Elle a poussé un cri de
                       souffrance. Mais est-ce un cri de vérité?»

                       Quelques heures plus tard, les jurés y ont vu une certaine vérité. Et
                       avec un sourire courtois, Guy-Claude Burger, incarcéré depuis quatre
                       ans et demi, a repris le chemin de la prison. Ses avocats veulent faire
                       appel.

Instincto Magazine, janvier-février 1990, n° 25-26 ; Chronique par G.-C. Burger

FAUT-IL PARLER DE METAPSYCHANALYSE ?

La parole est d'argent, mais le silence est d'or... La maxime n'est certes pas à remettre en cause. Néanmoins, elle s'adresse a des situations dans lesquelles on sait déjà de quoi il est question.

Si l'on prononce plus de paroles qu'il n'est nécessaire, on empêche l'autre de suivre le cours de sa propre pensée, on lui interdit de découvrir en profondeur ce qu'on prétend lui faire découvrir par les mots. En revanche, si l'on se tait, c'est comme une lente alchimie qui se produit dans son esprit et qui l'amène a ressentir par lui-même la vérité de l'instant.

Tout cela est vrai lorsqu'une première base de communication a été établie. II faut un point de départ, une première analyse de la réalité, pour qu'ensuite le travail de maturation qui s'opère dans le silence ouvre la voie à une prise de conscience plus profonde, nécessaire pour recréer l'unité intérieure que les éléments du perçu récent découpent encore en lambeaux séparés.

Chaque fois que jaillit une idée nouvelle, c'est au discours qu'il appartient d'ouvrir les têtes de pont qui en assureront la transmission aux proches. L'instinct du langage est certainement prévu par la nature pour assurer cette importante mission. Sinon les spectateurs ne comprendraient pas pourquoi celui qui agit au nom de sa découverte n'a plus le même comportement. S'il n'est pas assez explicite dans ses explications, ils projetteront sur ses paroles ou sur ses actes leur propre façon de penser ou de ressentir. Ils auront l'impression qu'il sombre dans le délire et ne pourront rien retirer de ce qu'il devrait leur transmettre. La communication, verbale ou écrite, est le seul moyen dont l'homme dispose pour éviter les malentendus qui s'installeraient aussitôt et pour faire bénéficier le groupe du progrès effectué par un seul. Le silence a aussi ses limites. II y a de plus une culpabilité à garder pour soi ce que l'on ressent comme une vérité, surtout si cette vérité est à même de soulager la souffrance d'autrui et de faire régner un peu plus de bonheur en ce bas monde.

Lorsque j'ai pris conscience des changements phénoménaux que l'alimentation naturelle produit dans le fonctionnement du corps, ma première réaction a été d'attendre un temps suffisant pour être sur de mon fait avant d'en parler. Ce n'est qu'après dix ans d'observations que j 'ai donné mes premières conférences, mais je n'aurais pas pu garder pour moi seul, à long terme, ce qui me paraissait apporter une solution aux souffrances de mes semblables. J'ai ressenti la chose comme un devoir et de m'y refuser aurait été un véritable refus d'assistance. J'ai rencontré bien des obstacles sur ce chemin, des oppositions farouches, des distorsions, des trahisons, des abandons, des déceptions, des difficultés financières, et c'est loin d'être terminé... mais jamais je n'ai regretté le prix payé pour mettre ma découverte a la disposition des autres. II m'est impossible d'imaginer ne pas l'avoir fait, je me sentirais trop mal dans ma peau. Je rencontre exactement le même problème en ce qui concerne ce que j'ai appelé la métapsychanalyse. Sauf que la difficulté est encore plus grande. La nouvelle grille que propose l'instinctothérapie pour le déchiffrage du problème nutritionnel déconcerte le profane parce que trop nouvelle et trop contraire aux habitudes culinaires. La grille plus révolutionnaire encore de la métapsychanalyse, qui concerne cette fois principalement l'instinct sexuel, se heurte non seulement a l'incompréhension qui guette les idées neuves, mais à une foule de tabous, de préjugés, de dégoûts, de culpabilités, d'angoisses, de convictions, d'interdits, de fantasmes, d'aberrations de toute espèce qui rendent la transmission du message beaucoup plus aléatoire.

LA METAPSYCHANALYSE CONSISTE A REDEFINIR D'ABORD CE QUE L'ON PEUT APPELER LES STRUCTURES PULSIONNELLES ORIGINELLES DES DIFFERENTS INSTINCTS PROPRES A L'ETRE HUMAIN.

Ces instincts se sont fait déformer depuis des millénaires sous l'effet des désordres induits dans le système nerveux par l'intoxication culinaire de telle sorte que nous ne savons plus ce qu'ils devraient être. L'agressivité qui nous paraît inhérente au comportement humain est-elle inéluctable? Les gorilles, nos proches cousins, à part quelques simulacres de furie, sont d'une douceur étonnamment civilisée. L'instinct sexuel qui nous semble conduire au viol si on ne le tient pas en échec par toutes sortes d'interdits, est-il vraiment naturel ? II suffit d'observer la patience du lion qui courtise la lionne en chaleur pour se faire une opinion. Le viol n'existe pas dans la nature.

La réactivité du mâle animal à quelques molécules odorantes émises par la femelle expliquerait-elle la sensibilité particulière de l'instinct sexuel aux excitations produites par des molécules parasites d'origine alimentaire? Quoi qu'il en soit, le recours à une nourriture originelle transforme en peu de temps le profil de l'instinct sexuel, à tel point que l'on pourrait croire d'abord à une soudaine impuissance. Certains se sentiraient frustrés, à juste titre, si la situation se prolongeait trop longtemps. II suffit heureusement d'un peu de recul pour constater que les excitations qui disparaissent avec l'alimentation naturelle ne sont qu'une sorte de parasitage de la sexualité et lui donnent précisément l'allure perverse que l'on désigne sous le nom de bas instincts.

Cette simple constatation est lourde de conséquences : si les instincts humains tels qu'on en a fixé l'image depuis des millénaires sont l'expression d'un désordre somatique, serait-on alors en droit d'espérer que ces instincts, tels qu'ils étaient programmés à l'origine par notre génétique, étaient de bons instincts ? II ne s'agit pas de tomber dans un rousseauisme facile: "la nature de l'homme est bonne, c'est la société qui est mauvaise et qui le pervertit". La société étant sortie de l'homme, on ne voit pas dans cette axiomatique ce qui aurait pu la rendre mauvaise, ce serait s'enfermer dans une pétition de principe. Pourtant, notre question se pose inéluctablement dès que l'on constate une influence de l'alimentation sur le fonctionnement psychique, influence dont notre fameux "stressomètre"a maintenant confirmé très objectivement la réalité. Ce serait être inobjectif que de vouloir occulter le problème. De plus, cette question se situe au centre de toutes les préoccupations anthropologiques : tout ce qui concerne l'individu, la société, la civilisation, la culture, l'histoire, la guerre, l'amour, la névrose, l'avenir de l'Occident et celui de la Planète, pivote autour de ce point central.

CHAQUE INSTANT DU VECU, CHAQUE BESOlN, CHAQUE DESIR, CHAQUE DECISION, CHAQUE CONTOUR DE NOTRE DESTIN, SONT DETERMINES PAR LE FONCTIONNEMENT DE NOS INSTINCTS, ET SI NOS INSTINCTS FONCTIONNENT MAL, IL N EST PAS ETONNANT QUE TOUT AILLE MAL.

Celui qui a pris conscience de ces faits se voit aussitôt investi d'une responsabilité dont le poids est à la mesure des souffrances de milliards d'individus. Les menaces qui pèsent sur l'avenir de l'humanité sont en rapport direct avec la névrose endémique qui caractérise notre forme de culture et, si l'on en croit la psychanalyse, cette névrose a pour origine l'instinct sexuel. Si l'on admet maintenant que l'instinct sexuel est perturbé pour des raisons tout bêtement alimentaires et qu'il pourrait fonctionner différemment, on est aussitôt conduit a se demander si la névrose ne pourrait être évitée et du même coup ses conséquences sur le devenir de notre civilisation. Le raisonnement me paraît irréfutable. Reste a savoir comment faire passer le message...

Je ressens personnellement cette position comme très difficile. J'ai parfois l'impression d'avoir entre les mains la clé qui a manqué depuis des temps immémoriaux -depuis l'acte fameux de Prométhée...- pour recoudre les problèmes inextricables dans lesquels se débat notre pauvre monde sans que nul ne sache, ou ne veuille savoir, qu'il existe une cause évidente à tant de malheurs. D'autre part, le rôle de l'alimentation ne peut être accepté facilement, parce qu'il heurte des traditions millénaires et tout simplement parce qu'un fait nouveau fait toujours figure de bizarrerie. Si donc je dis ce que j'ai a dire, je passe pour un illuminé, un paranoïaque, voire un dangereux anarchiste, et si je ne dis rien, je me sens coupable de refus d'assistance à personnes en danger...

Tout compte fait, je préfère encore passer pour fou. Mais un fou qui construit très raisonnablement ses positions et qui propose une approche parfaitement rationnelle de la réalité. Bien que cela ne suffise pas forcement pour éviter les malentendus.

L'instinctothérapie est fondée sur des principes scientifiques, c'est même la première théorie à ma connaissance qui jette un pont vraiment logique entre l'alimentation, la génétique et la pathologie. Cela n'empêche pas mes détracteurs de me jeter l'anathème du charlatanisme et de l'escroquerie, sans prendre la peine de vérifier une seule de mes affirmations. De même, la métapsychanalyse fait le pont entre alimentation, génétique et spiritualité, et je crois avoir reconstruit une grille de déchiffrage du réel beaucoup plus rationnelle que ce que notre culture nous offre actuellement dans ce domaine. Cela n'empêchera pas les attaques viscérales de tous ceux que mes postulats dérangeront... et ils seront encore plus nombreux. Du moins je l'imagine, car les tabous auxquels je m'attaque cette fois sont de loin plus cuisants que ceux qui concernent la cuisine traditionnelle.

C EST TOUTE LA CUISINE DU SEXE, DE LA PSYCHANALYSE, DE LA MORALE, DE LA RELIGION, DE LA SUPERSTITION, DES DIFFÉRENTES ECOLES DE SPIRITUALITÉ, VOIRE DE LA POLITIQUE, QUE JE SUIS AMENÉ A REMETTRE EN CAUSE.

Mais comment faire autrement ? Une femme enceinte ne peut refuser d'accoucher, elle peut tout au plus espérer le faire sans douleur. De même, mon devoir est de chercher les voies par lesquelles ce qui me parait aujourd'hui une évidence sera perçu par les autres également comme une évidence. II faut en quelque sorte suivre la ligne de moindre résistance et cela nécessite une constante adaptation aux circonstances extérieures. La question qui se pose présentement est de savoir si la métapsychanalyse doit être mêlée ou non aux remous d'opinion que va susciter mon passage en tribunal. II semble que le message de l'instinctothérapie ne puisse passer qu'à travers le scandale, puisque dénoncer la nocivité de la cuisine et faire état des effets bénéfiques d'une alimentation naturelle est perçu par notre société comme un délit. Faut-il ajouter à ce scandale le scandale d'une théorie révolutionnaire de la sexualité ? Le scandale amène en fait le public a dépecer sa victime au grand jour pour mieux se repaître des horreurs qu'il imagine découvrir dans ses entrailles. La justice en est l'arme majeure, c'est elle qui se charge de fouiller dans les viscères et d'étaler les miasmes aux yeux de tous. Cette fonction n'est pas inutile, car dans les aberrations de l'individu, la société trouve en fait le reflet de ses propres aberrations. En punissant le coupable, elle se soulage de ses propres culpabilités.

S'il y avait le moindre élément trouble dans ma démarche, j'aurais certainement de quoi m'inquiéter. Mieux vaudrait essayer de laisser les points litigieux dans l'ombre, quoiqu'encore le fait de vouloir cacher jette un discrédit plus grave et qu'il est toujours préférable d'avouer sa faute. Dans le cas présent, j'ai au contraire le sentiment d'avoir agi toujours au plus près de ma conscience. J'ai tout fait pour élaborer les nouvelles grilles que je propose avec un maximum d'honnêteté et d'objectivité. Le recul du temps m'a convaincu de leur justesse même si elles sont en contradiction avec le système de valeurs actuellement en vigueur. L'intrusion de la justice et du scandale ne peut donc que s'avérer bénéfique, je n'ai pas peur qu'on déballe mes viscères en public, ce sera le meilleur moyen de montrer ce que j'ai dans le ventre.

Même en ce qui concerne la métapsychanalyse, aussi délicat qu'il soit de parler d'unité entre sexualité et spiritualité dans une société qui a définitivement séparé le corps et l'esprit, condamnant le premier au péché et le second aux élucubrations intellectuelles. Le corps sans l'esprit n'est rien, mais l'esprit sans le corps n'est pas grand chose non plus. Le sexe sans l'amour est misérable, mais l'amour sans son expression physique ne trouve pas forcément l'accomplissement qu'il mérite. Ce clivage s'explique fort bien par le fait que le corps ne fonctionne plus normalement et qu'il fallait le mettre en quarantaine afin de sauver ce qui reste de l'esprit.

MALHEUREUSEMENT, CETTE VOIE CONDUIT AU VIDE EXISTENTIEL QUI CARACTERISE NOTRE CIVILISATION.

Je ne vois, quant a moi, pas d'autre méthode pour échapper a cette espèce de malédiction qui remonte aux origines de notre culture, que de rétablir le fonctionnement normal du corps et de resacraliser tout ce qui le concerne, y compris l'amour physique. Il est vrai que ce genre de tentatives conduit inévitablement à toutes sortes de malentendus. Rétablir le magique dans l'amour, et la liberté nécessaire a sa resacralisation, se confond volontiers avec le vice ou la pornographie. Preuve en sont les difficultés que j'ai rencontrées avec la justice suisse en son temps et les rumeurs que les médias se sont empressés de répercuter l'an dernier, comme pour noyer dans la boue, à titre préventif, ce qui risquait de déranger. Mais cela même fait partie du processus de prise de conscience qui s'est déclenché autour de nous. La boue, une fois qu'elle dessèche et retombe, laisse apparaître avec plus de clarté ce qu'elle dissimulait. Ces attaques sont peut-être même une sorte de signe du destin, ou plus simplement le signe que les temps sont mûrs pour faire passer le message. Les événements ne me laissent à vrai dire pas le choix. Si je ne réponds pas à mes détracteurs, le public se dira qu'ils ont raison. Qui ne dit mot consent...

C EST POURQUOI JE PENSE INDISPENSABLE AUJOURD'HUI D'ÉNONCER CLAIREMENT LES CONCLUSIONS RÉVOLUTIONNAIRES AUXQUELLES M'ONT AMENÉ CES ANNEES D'EXPERIENCE.

Le premier pas vraiment sérieux que j'aie décidé de faire dans cette direction, c'est la publication prochaine de mon deuxième livre, Les Enfants du Crime, ou la Fonction Délinquance (actuellement en voie d'impression). La théorie que propose cet ouvrage, dans l'espoir de mieux comprendre le phénomène de la criminalité, à commencer par celui de la délinquance juvénile, débouche effectivement sur le problème de la névrose: la délinquance est fille de la névrose, la névrose a pour origine l'Oedipe refoulé, que serait alors une société fondée sur un Oedipe non refoulé ? Question délicate, scandaleuse, soigneusement occultée jusqu'à ce jour par la psychanalyse, par la morale, par les religions, et plus encore par le code pénal... Et s'il appartenait a la métapsychanalyse d'y apporter une réponse rationnelle ? Le jeu est dangereux, mais en vaut bien la chandelle...

 


Les enfants du crime, ou la fonction délinquance : (autre site que celui-ci) "Y aurait-il un rapport étroit entre la délinquance, le refoulement des pulsions sexuelles de l'enfant, et la décadence spirituelle de l'occident"


On peut se procurer les anciens numéros d'Instincto-Magazine au près de l'Association "Orkos-Montramé"  ou s'y abonner

http://www.geocities.com/HotSprings/7627/IM25-faut-ilparler.html

 

From:  xbeluga
Date:  Fri Nov 5, 1999  11:46 am
Subject:  [instincto] suite du débat

ANNEXE I: extraits divers du livre "Les enfants du crime" de Guy-Claude
Burger
(ou: le versant sexuel de la théorie instincto.)

"[...]
Son crime ? Un péché qui ferait trembler les plus parfaits "machos".
Trembler d'horreur et de jalousie : il a fait l'amour à une fille de
treize ans, qui l'aimait passionnément. Aucune plainte, d'ailleurs, juste la
dénonciation d'une voisine. Parce que ça arrive qu'un enfant aime un
adulte.
Salomon, trente-cinq ans, a répondu à ses avances. Maintenant, elle a
compris qu'elle n'était qu'une dévergondée.
Le satyre, lui, risque vingt-cinq ans. En Suisse, l'attentat à la pudeur
est un crime.C'est un homme marié, bon ouvrier, père de famille de surcroît.

[...]
A treize ans il fait la connaissance d'un propriétaire de bateau, qui
lui apprend à pêcher, à réparer les filets. Avec lui, il se sent en
confiance, il passe de nombreuses heures sur l'eau. Peu à peu, la relation dépasse les normes admises. Des gens commencent à se méfier, à les épier,
avertissent le père, qui les surprend en pleine fellation. Police, arrestation, préventive, condamnation. Articles dans les journaux : un triste sire. Le jeune adolescent se pose des questions : à ce qu'il dit, il se sentait heureux avec son "agresseur", pour l'une des première fois de son existence.
Le père prend les mesures nécessaires pour le redressement de son fils.
Il l'emmène voir un Juge de la Chambre des Mineurs (vous pensez, avoir
découvert l'orgasme à quatorze ans ! ), [...]
...des méthodes d'éducation que je propose (consistant à donner à
l'enfant l'environnement nécessaire à l'expression naturelle de ses pulsions
amoureuses) [...]
on ne s'est toujours pas demandé ce qu'il faudrait faire pour éviter ce
refoulement: rétablir la liberté sexuelle telle qu'elle existait
auparavant et donner à l'enfant la possibilité de vivre ses pulsions
"inces-tueuses" ?
Tous tabous mis à part, la conclusion paraît logique. [...]
Freud écrit par exemple dans son Abrégé de psychanalyse : "Le refoulement
des pulsions sexuelles de l'enfant doit être considéré comme l'événement
  central de l'enfance, celui qui soulève le plus important des problèmes
de la période précoce, et qui constitue la source la plus abondante des
imperfections futures." Dès lors, le raisonnement paraît simple : la délinquance provient de la névrose; la névrose provient du refoulement des pulsions sexuelles de l'enfant; il suffirait donc de laisser ces pulsions s'exprimer, il n'y aurait plus ni névrose ni délinquance… Le problème se complique malheureusement du fait que les premières pulsions de l'enfant sont dirigées vers ses parents ou leurs substituts. Freud parle
pour cette raison de pulsions "incestueuses". [...]
Qu'à cela ne tienne : le propre de notre culture rationnelle, c'est
précisément de dépasser les tabous. Pourquoi ne laisserions-nous pas nos
enfants exprimer les pulsions incestueuses de cette période œdipienne ?
Le problème serait fondamentalement résolu. Ou alors, la thèse freudienne
ne résiste pas à la logique la plus élémentaire. [...]
Notre société ne fait strictement rien pour garantir au futur adulte
l'apprentissage des choses de l'amour. On en laisse le soin au hasard.
Bien sûr, il y a les cours d'éducation sexuelle à l'école[...]
De toute manière, enseigner les choses de l'amour par des mots provoque
un clivage [...] Je crois qu'un seul maître serait en mesure de guider l'élève sur le chemin de l'équilibre et de l'épanouissement sexuel : l'amour.
J'entends l'amour librement vécu, au contact de partenaires qui ne
soient pas eux-mêmes déjà perturbés. [...]
En toute logique, l'apprentissage de l'amour devrait se faire avant
celui de la névrose. Alors que l'enfant actuel apprend la névrose avant l'amour… [...]si la délinquance est fille de la névrose et si les théories de Freud ne sont pas trop erronées, il est clair qu'on ne résoudra le problème social de la criminalité qu'en résolvant celui de l'œdipe refoulé. Donc en apprenant à respecter les pulsions sexuelles précoces de l'enfant.
N'est-ce pas la plus élémentaire logique ? [...]
Le rejet des pulsions œdipiennes apparaîtrait alors comme un double
crime, condamnant l'individu d'une part à la névrose, dont il souffrira toute sa vie, et d'autre part à l'échec spirituel, dont les conséquences sont peut-être encore plus graves.
Aujourd'hui, on met en prison celui qui répond aux pulsions amoureuses
d'un enfant. Demain, on mettra peut-être en prison celui qui n'y répond pas…
 [...] L'enfant s'intéresse aux organes génitaux de ses parents, il fait toutes sortes de gestes tendant soit à les découvrir, soit à les détruire, en même temps il commence à bouder, à taper, à mordre ses frères et soeurs, à s'enfermer dans ses sanglots. S'il recevait assez vite l'amour qu'il
réclame, cette période serait rapidement dépassée, elle ne laisserait
guère de séquelles. [...]
Un ami médecin s'est attelé à la tâche et a réuni, pour ma défense, un
imposant dossier comprenant la totalité des publications parues dans des
 revues médicales ou psychiatriques de 1904 à 1978, concernant les
séquelles constatées sur les enfants victimes d'attentats à la pudeur sans
violence. Or la totalité de ces études arrivent à la conclusion que les séquelles observées, lorsqu'il y en a, sont dues à l'intervention des parents, de la police et de la justice, et non pas aux relations sexuelles en elles-mêmes ! [...]
4. Certains auteurs relèvent que l'enfant est, beaucoup plus souvent
qu'il n'y paraît après coup, l'initiateur des relations.

5. Certains auteurs concluent à un effet bénéfique des relations avec
l'adulte pour le développement psycho-affectif et sexuel de l'enfant.
[...] Ces données sur les activités sexuelles de jeunes enfants apportent une importante confirmation aux vues de Freud considérant la sexualité comme
une composante des comportements humains déjà présente dès la première
enfance; [...] D'autres parents pourront au contraire considérer comme parfaitement moral et utile à leur enfant que celui-ci ait pu découvrir les beautés de l'amour avant l'âge imposé par la loi et qu'il ait été initié convenablement par un adulte de son choix.
Le changement qui s'impose alors, afin de respecter la liberté d'opinion
de chacun, consisterait à supprimer la poursuite d'office en vigueur dans
la législation actuelle : l'adulte serait poursuivi seulement s'il y a
plainte de la part des responsables légaux du mineur. [...] On permettrait ainsi à un certain nombre de parents, conscients du problème de l'œdipe refoulé, d'éviter à leurs enfants les méfaits de la névrose, sans courir le
risque de passer en justice [...] Il y a deux siècles, lorsque les relations enfant-adulte n'étaient pas pénalisées, ces affaires n'avaient aucune raison de tourner à la catastrophe. Les pulsions pédophiles s'exprimaient librement, elles n'avaient aucune raison de se charger de sadisme. En l'absence de la peur, l'amour pouvait beaucoup mieux guider les partenaires. A quoi bon faire alors usage de la force ? [...] Une première question doit attirer notre attention : pourquoi certains adultes ont-ils des pulsions pédophiles ? Ces pulsions sont-elles le fait d'un détraquement de l'appareil instinctif ou, au contraire (il faut bien envisager toutes les possibilités) des pulsions naturelles prohibées arbitrairement par la morale propre à notre culture? La seconde hypothèse n'est pas forcément insensée, vu que l'enfant semble éprouver lui-même des pulsions dirigées vers l'adulte : les fameuses pulsions incestueuses de la période œdipienne. Il serait assez logique que ces pulsions aient leur homologue chez l'adulte, tout comme la pulsion de téter du nouveau-né trouve un écho dans la pulsion d'allaitement
présente chez la mère.

[...] les pédophiles sont considérés a priori comme des détraqués; le
code pénal interdit toute réponse aux amours enfantines; la sexualité adulte, infiltrée d'inhibitions et de composantes sadiques, est loin d'être un modèle initiatique… Malheureusement, cet état de choses est lourd de conséquences. Il maintient notre civilisation plongée tout entière dans la névrose, avec son regrettable corollaire : la délinquance… [...]
En définitive, doit-on considérer les pulsions œdipiennes-jocastiennes,
c'est-à-dire la relation enfant-adulte, comme un phénomène naturel ? En
faveur de cette thèse, nous trouvons plusieurs arguments : l'existence
de pulsions sexuelles précoces chez l'enfant; le fait que leur refoulement
est pathogène; l'existence chez l'adulte des pulsions pédophiles; le fait
que ces relations sont vécues parfois sous le signe d'un amour très intense
par les deux partenaires. Et le fait qu'elles ne sont pas traumatisantes en
elles-mêmes. J'y ajouterai encore une découverte plus récente que nous devons à l'éthologie : les relations sexuelles entre "majeurs" et "mineurs"
s'observent déjà chez les primates, avec tout le polymorphisme propre à
notre sexualité humaine (par exemple la maman gorille qui manipule le
sexe de son petit pendant la tétée). [...]
Néanmoins, il est indispensable, si l'on veut raisonner correctement, de
distinguer les attentats à la pudeur commis avec contrainte des relations
enfant-adulte vécues sous le signe de l'amour. Il est clair que la
contrainte, et plus encore la violence, sont cause de traumatisme. Mais
le traumatisme ne provient pas de la relation sexuelle en elle-même. Comme
en témoignent la plupart des spécialistes, le traumatisme que l'on peut
observer chez la victime d'un attentat à la pudeur sans violence tient à
la réaction des parents, de la société, et surtout aux suites policières et
judiciaires que connaissent ce genre d'affaires. Dans de nombreux cas,
c'est même la "victime" qui prend l'initiative de la relation et qui en désire la réalisation.[...] Que l'on pense au cas combien fréquent de l'enfant endormi dans le lit de ses parents, pendant qu'ils font l'amour en silence. Si ce fait revient aux oreilles de la Justice, il est aussitôt élevé au rang d'attentat à la pudeur et suffit pour donner lieu à une inculpation (je suis bien placé pour le savoir). Pourtant, quel enfant ne désire pas intensément dormir avec ses parents ? Les auteurs modernes insistent de plus en plus sur l'importance des caresses, du contact physique, de l'éveil de la sensualité. [...] Chaque fois qu'une histoire d'amour réunit un adulte et un mineur qui n'a pas dépassé l'âge réglementaire, il y a crime. Même si le mineur se déclare heureux, se montre épanoui, garde de l'expérience le plus beau souvenir [...] Pourquoi la Justice confond-elle, en dessous d'une certaine limite d'âge, arbitraire comme toute limite, l'expression naturelle de l'amour avec l'attentat à la pudeur caractérisé ?
 [...] La loi sur l'attentat à la pudeur s'appuie sur la notion de
discernement. L'enfant n'est pas capable de discerner par lui-même si une relation sexuelle est bonne ou mauvaise.[...] Remarquons d'abord que le terme d'attentat à la pudeur [...] fausse a priori l'image que peut s'en faire un tribunal, comme celle que s'en fait le public en général. [...] Elle exclut d'avance la possibilité d'un amour authentique de l'adulte pour l'enfant ou de l'enfant pour l'adulte. Il est vrai que notre culture nous renvoie une image de l'enfant d'où est évacuée toute éventualité de besoin d'amour physique, et surtout de relation sexuelle avec un adulte. Sinon comment pourrait-on parler d'attentat, lorsque les partenaires agissent au nom d'un amour partagé, sous le seul prétexte que leurs âges se situent de part et d'autre de la barre des quinze ans? [...] L'attentat à la pudeur est le seul "attentat sans violence". Contradiction de langage qui trahit de façon patente la conception fausse de la sexualité infantile. L'enfant n'a pas droit à l'amour, ou du moins pas à l'amour de l'adulte, il ne découvre la sexualité que dans la contrainte ou l'obscénité. [...] Condamner un enfant à la névrose, c'est bien là le crime, et non pas répondre à son besoin d'amour. [...] l'enfant est parfaitement capable de discernement, et cela dès le plus jeune âge. Mais il faut définir ce que l'on appelle exactement "discernement". Je crois qu'il est nécessaire de distinguer entre le discernement conscient, qui s'opère sur le plan du mental par l'effet du jugement ou de l'opinion, et le discernement inconscient qui modifie le comportement sans passer par un raisonnement, mais simplement par l'intuition, l'inhibition ou la résistance réflexe. L'adulte agit le plus souvent à partir du discernement conscient, alors que l'enfant, dont le mental est moins développé, en est effectivement incapable. En revanche, l'expérience montre que même le tout jeune enfant est parfaitement capable de sentir la fausseté d'une situation ou la mauvaise intention d'un individu [...] Je dirais même plus : le discernement naturel de l'enfant est beaucoup plus sûr que le discernement calculé de l'adulte, car ce dernier agit au nom de schémas induits par la  culture, dont il serait présomptueux de dire qu'ils sont exempts d'erreurs.
Alors que l'enfant obéit à ses instincts fondamentaux, qui constituent
par  définition notre référentiel de vérité.[...] [...]l'opinion publique continue à confondre sexualité et reproduction et, par voie de conséquence, à dépouiller l'enfant prépubère de tout droit à l'amour. [...] il peut exister dans l'amour une dimension beaucoup plus subtile et plus importante que le côté sensuel et sentimental. La dimension magique que le tantrisme cherche à retrouver et qui, seule, peut donner sa signification totale aux pulsions œdipiennes de l'enfant."

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ANNEXE II: extraits du chap 4 concernant la théorie exposée dans "Oedipe refoulé et métapsychanalyse" "[...] A la première visite déjà, [l'aumonier] m'avait demandé pourquoi j'étais là. J'essayai de lui expliquer que répondre aux pulsions amoureuses d'un mineur n'a rien à voir avec ce que la Justice appelle un attentat à la pudeur. A peine articulé ce mot, je vis le saint homme changer de mine et, d'un air distrait, me dire qu'il avait encore d'autres détenus à rencontrer. [...] Et voilà que ce matin[...], je le vois s'approcher de moi comme un homme normal s'approche d'un homme normal. Avec un grand sourire : "J'ai lu votre communiqué au congrès de Florence : cette fois, j'ai compris ce que vous vouliez m'expliquer. Ce que vous avez vu là, c'est peut-être la chose la plus importante qu'on ait découvert depuis le milieu du siècle. Je me demande seulement pourquoi Freud n'y a pas pensé… Je viendrai vous voir ce matin." Le coup de théâtre. Après une longue conversation dans ma cellule où nous constations ensemble que la Bible ne condamne à aucun instant les manifestations physiques de l'amour (elle condamne en revanche le désir), et que le "hyeros gamos", voie d'accés à la supraconscience, représente précisément cette dimension transcendante de l'Eros que je tentais de lui décrire, dimension à laquelle, selon moi, l'enfant aspire à travers ses pulsions oedipiennes, il me proposait de témoigner en ma faveur! "Mais j'ai peur pour vous, un tribunal ne comprendra rien à vos explications"… [...]
ŒDIPE REFOULE ET METAPSYCHANALYSE

Communication de Guy-Claude BURGER au Congrès mondial de médecine
naturelle à Florence (1977). [...] Ce sont certains changements inattendus apparus notamment sur le plan  des pulsions instinctives et de
l'instinct sexuel, dont la portée dépasse de beaucoup le champ de la
diététique, qui feront l'objet de notre exposé de cette année.
[...]
Comme l'a abondamment démontré la psychanalyse, l'enfant manifeste ses
premières pulsions sexuelles, dirigées vers ses parents, dès l'âge de 2
ou 3 ans, et incorpore dans son inconscient les interdits auxquels il se
heurte [...] Ce mécanisme bien classique du complexe d'Oedipe, se répercutant sur toute relation du sujet à son milieu, détermine l'ensemble de la structuration psychique, mais hélas aussi ses aspects pathologiques.

[...]il nous faut bien constater en passant que cette conception, aussi
canonique soit-elle aujourd'hui, escamote une question essentielle :
quelle est la signification téléologique des pulsions incestueuses précoces ? Comme tout instinct, elles doivent être pourvues d'une finalité. [...]Comment se fait-il que l'enfant manifeste par nature des pulsions sexuelles à un âge où il est encore immature ? [...] Mais le rationalisme nous a finalement conduits à nier sans démonstration tout ce qu'on ne peut expliquer par la raison, attitude qui n'a, elle, plus rien d'objectif. C'est ainsi que toute une classe de phénomènes ont été systématiquement mis à l'index : ces fameux phénomènes "psi" que la parapsychologie, dans un louable effort de positivisme, tente de réhabiliter depuis quelques décennies.
Il semble maintenant démontré en laboratoire que les phénomènes de
perception extrasensorielle et de psychokinésie sont des réalités. Seul
le matérialisme abusif ancré dans les esprits conduit certains scientifiques, ainsi qu'une partie du public, à nier systématiquement l'existence du paranormal. [...] Les phénomènes psi, par leur nature, sont irréductibles aux coordonnées spatio-temporelles et semblent impliquer l'existence d'une cinquième dimension de l'univers, inaccessible à nos sens ordinaires comme à notre analyse logico-mathématique : appelons-la la dimension psi. [...]
L'instinct sexuel s'avère alors être le vecteur d'une énergie d'essence
métapsychique, dont l'effet le plus directement observable est le
développement progressif des facultés psi. Comme ces facultés sont
utiles à la survie, comme à l'évolution intérieure, on est en droit de leur
attribuer une valeur téléologique. [...]
Le déroulement normal de ce processus subtil nécessite un état psychique

dénué de toute tension; de ce fait, les structures psychosexuelles
ordinaires, enracinées dans le conflit œdipien, compromettent
systématiquement le développement métapsychique naturel, ce qui explique
l'indigence des facultés psi dans une société construite sur la base de
l'œdipe refoulé. La période oedipienne, et notamment le stade phallique, dès 2 ou 3 ans, correspond à l'instauration de cet instinct sexuel non reproductionnel.Ceci donne une signification structurale à l'œdipe, qui apparaît comme étant la période sensible du programme instinctif métasexuel (période oùs'introjectent activement les données du milieu). Comme cet instinct sexuel est indépendant de la reproduction, il n'y a plus lieu de s'étonner de son instauration à un âge immature, ni de sa bisexualité et de son polymorphisme fondamental. Dans ces conditions, l'édification du Surmoi ne devrait plus reposer sur la répression et les interdits œdipiens, mais plutôt sur une actualisation spontanée et une introjection active des premières expériences sexuelles, menant à la découverte spontanée de ce que l'on pourrait appeler la "morale originelle". [...]
Il s'agirait ensuite de rendre aux pulsions sexuelles leur signification
première et surtout leur objet véritable, d'essence énergétique, par une
compréhension correcte du phénomène amoureux, par une transformation
radicale des principes éducatifs évitant tout refoulement chez l'enfant"
--
Jean-Paul -- qui aime les choses précises.
http://groups.yahoo.com/group/instincto/message/120

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