Délicieuse araignée

 

        Henri Joyeux

 

soupe de larves

Le Docteur de Bonnefon, adepte de G-C Burger et mangeur d'insectes comme Comby

 Table des matières
Stress-control

Préface du professeur Joyeux
Préface du docteur de Bonnefon
Préface du docteur Christian Caussé
Sources : http://www.comby.org/base/basefr.htm

 

 

LA PRÉFACE DU DOCTEUR JEAN DEVERNOIX DE BONNEFON

(préface du livre de Burger Guy-Claude "La Guerrre du Cru, Instinctothérapie", 226 p, éditions Roger Faloci, 1985) (épuisé)

"Août 1982. - Au cours de ma vingtième année de formation universitaire et hospitalière dans les C.H.U., et alors que je terminais mon clinicat, une sonnerie de téléphone retentit à mon domicile.

Une proche parente m'appelle au chevet de son mari hospitalisé à Marseille, il a très mal et personne ne sait ce qu'il a.

Je prends le premier TGV à la volée, debout, faute de place assise, et je ramène le malade par avion sur Paris. Cancer généralisé: l'allopathie demeurera impuissante.

A cette époque, je tombe sur le témoignage d'un américain du même âge, il a la même maladie à un stade tout aussi avancé avec métastases multiples. Il s'en est tiré de manière miraculeuse, et attribue sa guérison a de simples mesures diététiques. Comment cela est-il possible ?

Ce témoignage me trouble beaucoup car cet homme est comme moi, médecin hospitalier. Il est chef de service en anesthésie.

Malgré toutes mes suspicions, je décide alors de faire la tournée de quelques médecines parallèles et diététiques. Je m'aperçois très vite qu'il est vraiment difficile même pour un médecin, de se faire une idée de ces médecines, mais je suis étonné par le fait que cette recherche que j'entreprends n'a pas encore fait, à ma connaissance, l'objet d'un travail scientifique organisé par des scientifiques.

Après un séjour dans un centre macrobiotique à 40 km de Toulouse, j'échoue dans une ferme délabrée au sommet d'une colline, dans un cadre montagneux on ne peut plus écologique. J'y arrive au soir couchant en jeep, avec celle qui sera bientôt ma femme.

L'endroit est sauvage, éloigné de tout village. Deux grands chiens poilus nous accueillent à l'entrée. Les murs sont fendus, les fenêtres un peu sales. En entrant, le spectacle qui s'offre à nous est totalement anachronique. Dans une salle de séjour paysanne au plafond et aux poutres noircies par la fumée, sont réunies coude à coude une vingtaine de personnes autour d'une table de bois brut.

L'ameublement est rudimentaire: deux grandes planches posées entre deux chaises font office de bancs. Une ampoule électrique pend du plafond et les poules picorent le sol en terre battue de cette salle à manger on ne peut plus rustique. Sur la table, des chatons évoluent familierement entre de grands plateaux d'osier débordant de victuailles, successivement: protides (viande, oeufs, poissons, crustacés) légumes de toutes sortes, fruits, oléagineux.

Toutes ces victuailles sont crues et brutes.

Le maître de maison apparaît. Il est grand, il est blond, cheveux longs et barbu. Dans quelle secte, sommes nous donc tombés ?

- « Où se trouve l'auberge la plus proche ?

- Il n 'en est pas question. Une chambre vous attend ! » Notre premier mouvement est celui de la fuite, mais on nous fait place sur les bancs et nous voilà attablés nous aussi.

Les gens ont de curieuses manières, ils n'ont aucun couvert et avant de choisir un aliment, ils les sentent d'abord tous soigneusement les uns après les autres (comme le font d'ailleurs les chiens et les chats). C'est un peu déconcertant. L'ambiance est à la fête et chacun mange d'excellent appétit !

Finalement la table est assez belle avec tout ce choix d'aliments variés et parfois exotiques. Le dîner dure deux heures, puis on va tous dormir.

Une partie des gens couchent dans un dortoir au grenier sur des matelas de caoutchouc mousse.

Nous avons plus de chance: une chambre particulière nous a été réservée dans une ferme voisine. Plancher de bois, poutres de bois, volets de bois et grosse armoire normande.

Les w.c. sont au fond de la grange, sous un nid d 'hirondelles, plein de petits, gueules grandes ouvertes autour desquelles les parents voltigent. Nous nous endormons sous un long ruban de scotch attrape-mouches, dans un grand lit rustique.

Le lit est confortable, nous nous réveillons en pleine forme. La ferme est entourée de centaines d'oies grises en colère. Les stagiaires les ont embêtées, elles se sont vengées sur une tente en toile métallique. Ma voiture est remplie de poules qui picorent nos restes de sandwichs.

Nous décidons de rester la matinée... Nous resterons en fait 10 jours, durée du stage pour devenir formateurs, qui commence aujourd'hui.

Les cours ont lieu dans l'herbe, à l'ombre d'un grand chêne, au sommet de la pente de la plus haute colline, dans un panorama splendide ! (Pour rassurer le lecteur, je précise que maintenant les choses ont bien changé, et que hommes et bêtes sont chacuns à leur place.)

L'enseignement que nous recevons dans ce stage est on ne peut plus intensif: dix a douze heures de cours par jour. Nous n'avons même pas le temps de poster une lettre, a peine celui de nous connaître pendant les pauses: biochimie, anthropologie, diététique, psychologie, biologie, génétique, immunologie. Guy-Claude Burger, ancien physicien, enseigne avec sa fille, assistante en biologie à la faculté de Toulouse.

Cela m'a permis en survol, une révision de la première partie de mes études de médecine.

Je suis aussitôt intéressé par le point de vue apporté par l'auteur. Tout à fait nouveau et synthétique, il relie d'une manière on ne peut plus logique, ces différentes disciplines appelées elles-mêmes fondamentales en médecine.

Ce qui m 'a intéressé aussi, c'est l'originalité du travail intellectuel entrepris. ll ne s'agit pas là d'un travail purement spéculatif, mais au contraire d'un cheminement progressif, pragmatique, à la fois réflexif et expérimental auquel l'auteur a consacré la totalité de ses vingt dernières année, à la suite d'un cancer, traité d'abord par l 'allopathie, puis guéri définitivement grâce aussi à ce travail personnel effectué pour augmenter ses chances de survie.

Le cancer et la physique, ces deux points de départ inhabituels pour aborder la médecine, suscitent une pensée parallèle dont l'originalité permet peut-être d'orienter la recherche dans une nouvelle direction en médecine. La théorie anopsologique soulève en effet 4 très grandes questions:

1°) Celle de la dénaturation alimentaire, depuis peu industrielle, systématique, dont la médecine ne se préocupe pas assez. Cette question aboutit elle même a la notion d'aliment originel, qui va bien au-delà de celle d'aliment biologique (aliment seulement dépourvu d'additif chimique).

2°) La question fondamentale de notre inadaptation génétique, donc métabolique, à cette alimentation dénaturée,

question fondamentale s'il en est en médecine !

question scientifque évidente que nous pouvions nous poser depuis Darwin !

question pourtant totalement négligée dans la pratique, même en cas de maladie, alors que l'on redécouvre depuis quelques années ce que l'on savait depuis toujours: notre santé dépend de ce que nous stockons dans notre corps et qui nous nourrit. Il y a un lien évident entre la nutrition et nos maladies.

3°) La question de l'instinct alimentaire comme "mode d 'emploi" de l'aliment originel.

Instinct oublié dans l'enseignement et la recherche de nos C.H. U., alors qu'il est bien évident que cet instinct existe réellement, et qu'il est sans doute plus performant que tous nos ordinateurs et que toutes nos théories, (l'odorat est un sens chimiquement très précis) s'il est utilisé dans les conditions ou il a été programmé, ne serait-ce parce qu'il précède justement notre intelligence et toutes nos théories, et ne serait-ce que parce que les espèces existantes auxquelles nous appartenons auraient été éliminées par le jeu de la sélection naturelle si leur instinct alimentaire, lui-même génétiquement programmé, n'avait pas oeuvré dans le sens de leur santé, de leur survie.

Ces trois notions débouchent sur une quatrième: celle de molécules dites non originelles (MNO) non progénétiques, qui n'existent pas dans la nature, auxquelles nous ne sommes donc pas génétiquement adaptés, et qui, en pénétrant, même à l'état de traces dans notre corps, posent des problèmes peut-être insolubles a nos enzymes, à notre métabolisme, à notre immunité, à notre santé.

Ces molécules non originelles, par leur apport tri-quotidien, concourent peut-être à bien des maladies, directement d'une part, indirectement d'autre part, par induction de tolérance immunitaire ou par emballement de notre immunologie.

Tout ce que j'entends au fil de ces dix jours m 'apparaît un discours cohérent, logique, plus rigoureux que tout ce qui a été fait jusqu'ici en diététique.

La combinaison de ces quatres notions fondamentales et pourtant négligées: dénaturation alimentaire, inadaptation génétique, instinct alimentaire, molécules non originelles amène quelque chose de plus: elle apporte une conception d'ensemble qui manquait jusque-là à la diététique et qui la relie directement à la génétique, à l'immunologie, à la pathologie.

Une dimension négligée par la médecine et qui conceme peut-être la santé de millions d'êtres aujourd'hui.

La question soulevée par Guy-Claude Burger m'apparaît non seulement légitime

elle m'apparaît non seulement scientifique,

elle m'apparaît encore fondamentale,

et c'est pourquoi j'ai accepté de préfacer ce livre.

Je le fais d'autant plus facilement que l'anopsologie n'est en rien de la médecine. Elle n'utilise ni diagnostic, ni thérapeutique, ni aucune technique ou artifice. Il ne s'agit pas même d'un régime.

Si prescription il y a, c'est le malade qui la fait. C'est son corps qui la fait. Ce n'est pas même son esprit ! La médecine traite le symptôme ou les maladies. L'instinctothérapie se contente de rectifier le terrain de la manière la plus directe par ce qui le nourrit. Elle se contente d'ailleurs pour ce faire, d'éliminer ce qui lui nuit. A ce propos, je tiens à faire trois remarques très importantes.

1°) même si l'alimentation est le facteur essentiel, la santé dépend aussi d'autres facteurs en particulier psychologiques et affectifs.

2°) L'instinctothérapie ne se ramène pas à se nourrir "a l'instinct". Car notre instinct est altéré par de multiples conditionnements culturels, sociaux, économiques, utilitaires, intellectuels, scientifiques, philosophiques, publicitaires, psychologiques, affectifs.

3°) Et même si nous retrouvions notre instinct, il ne fonctionnerait pas avec n'importe quoi !

Tout ce qui a été modifié par l'artifice culinaire et érigé en art de vivre, l'a été justement dans le but de forcer notre barrière instinctive, pour flatter artificiellement nos papilles gustatives aux dépens de notre santé. On le sait aujourd'hui de manière scientifique.

Faire de l'anopsologie alimentaire n'est donc pas dépourvu de risques et ne s'improvise pas sans un certain réapprentissage.

Ce réapprentissage par des professionnels m'apparaît donc nécessaire, mais il doit se faire sous contrôle médical surtout pour les personnes angoissées ou de tendances obsessionnelles, en quête inconsciente d'une idéologie ou d'une grille de vie trop rigide.

Ce contrôle médical, toujours souhaitable, est tout à fait indispensable des lors qu'il s'agit de maladies organiques, présentant des lésions organiques surtout lorsqu'elles sont graves.

A mon avis, il est alors tout à fait licite dans ces cas de se battre avec toutes les armes disponibles. L 'instinctothérapie en renforcant le terrain, vient alors renforcer l'action iremplaçable de la médecine qui lutte contre les symptômes et contre les maladies.

Ce contrôle médical est d'autant plus indispensable que risquent alors de survenir des réactions dites d'"élimination de toxines", mais dont l'interprétation demeure encore difficile (sortie d'état de tolérance immunitaire à l'arrêt de l'intoxication par les MNO).

Ce contrôle médical reste indispensable également pour la recherche scientifique concernant la théorie.

Je ne peux qu'insister le plus fermement possible sur ces derniers points auprès des lecteurs tant dans l'intérêt de leur santé que par souci déontologique.

Monsieur Burger enseigne depuis vingt ans avec acharnement dans divers pays sans que la médecine ne se soit pourtant jamais encore intéressée à sa théorie.

Il est vrai que celle-ci, basée sur l'instinct est très inhabituelle et demande de ce fait un recul, car elle remet en cause nos habitudes quotidiennes et tout notre art de vivre, et qu'il est difficile, même pour les scientifiques, de prendre du recul conscient mais aussi inconscient par rapport à ce à quoi ils sont eux-mêmes conditionnés depuis toujours, ce par quoi même ils sont nourris.

Il est vrai qu'il est difficile de travailler sur l'instinct pour des chercheurs qui refusent justement eux-même de se laisser aller à leurs instincts, et qui s'efforcent au contraire de développer leur intellect et la rigueur légitime de la méthodologie scientifique.

Mais il est tout aussi vrai que l'attitude scientifique commence par la remise en cause, et par se dégager des pressions culturelles acquises.

Certes, il convient d'être prudent et sceptique car il est toujours difficile et présomptueux de distinguer si une théorie est abracadabrante ou au contraire avant-gardiste.

Et je laisse a Monsieur Burger l'entière responsabilité de ses dires, ce d'autant qu'ils se rapportent à son expérience propre.

Certes on ne peut reconnaître une valeur scientifique à une méthode alimentaire tant qu'elle n'a pas été contrôlée officiellement d'une manière suffisante et scientifique.

Ces réserves devant être faites, je suis heureux de préfacer son livre. Car ce faisant, j'ai l'intime conviction de faire oeuvre utile pour la santé publique. La théorie instincto me paraît en effet poser des questions on ne peut plus importantes pour notre santé, et seules l'intervention des mass media, dont ce livre sur l'instinctothérapie est le premier pas, permettra je l'espère, d'orienter les recherches dans les directions de cette théorie. Je suis d'autant plus a l'aise que la théorie instincto est officiellement enseignée en C.H.U. (dans le département de naturothérapie du C. H. U. Paris XIII) et que les centaines de médecins qui l'ont découverte après moi ont tous été séduits.

Je mets en même temps le lecteur en garde contre l'opposition apparente qui est faite actuellement entre les médecines naturelles et la médecine classique.

Il nous faut être humbles. L'allopathie a déjà fait ses preuves. Elle doit connaître ses limites. Les médecines naturelles ne sont revenues à la mode que depuis quelques années. Elles ont droit de cité, mais elles sont encore en partie du domaine de la recherche. Elles doivent apprendre à reconnaître leur limite. Et cela est aussi vrai pour la naturothérapie !

Au lieu de se ranger d'une maniere infantile sous la bannière de l'une ou l'autre de ces médecines, j'invite le lecteur à se prendre en charge, à ne pas oublier que chacun est un cas et qu'il n 'y a qu'une seule médecine, celle qui s'applique le mieux à ce cas, à cet instant précis.

Oublier cela, c'est risquer le sectarisme: le plus grand des dangers en médecine. Et c'est le malade qui en fait les frais.

Je suis heureux de préfacer ce livre en tant que naturothérapeute.

Nos pays industriels investissent en effet tout leur argent et toute leur intelligence dans une recherche médicale presque exclusivement tournée vers la prothèse.

- Prothèse matérielle (jusqu'au coeur artificiel).

- Prothèse chimique pour suppléer nos fonctions défaillantes.

- Prothèse psychologique (tranquilisants, somnifères, psychotropes, antalgiques) qui aboutissent malgré leur soulagement symptomatique à une perte de notre mémoire individuelle et à une diminution de notre conscience de vie.

Et maintenant protheses génétiques dont il est difficile d'apprécier les conséquences pour notre espèce. Notre médecine, notre recherche actuelle sont prothétiques. Bien sûr je ne nie pas l'utilité de ces prothèses quand elles sont indispensables et urgentes et j'espère qu'elles progresseront encore.

Mais la plupart de ces prothèses auraient pu être évitées par un mode de vie plus sain, que la médecine néglige de plus en plus, parce que les progrès de la technique et de la chimie nous permettent justement toutes les erreurs de vie et nous empêchent de réfléchir.

La répression des symptômes (réactions de défense de notre organisme), le silence des organes et la chimiodépendance du corps et de l'âme viennent maintenant supplanter la santé véritable. Leur généralisation est abusive. Ainsi investissons-nous l'essentiel, pour ne pas dire toute notre recherche à fabriquer une nouvelle humanité assistée, de plus en plus dépendante de la chimie, de l'artifice et du contrôle de l'électronique.

Il ne faut pas avoir peur de l'avenir et lutter contre le progrès est utopique. Mais il nous faut réfléchir maintenant: opter pour une civilisation de prothèses, ou conserver à l'homme toutes ses qualités naturelles et développer sa force d'amour encore balbutiante qui est sans doute le sens de sa vie.

Comme le rappelait récemment Michio Kushi: "L'histoire de l'humanité est une spiroïde, »

- Trente-deux siecles de grands empires

- Douze siècles de Christianisme

- Quatre siècles de Temps modemes

- Un siècle industriel

- Trente ans d'époque contemporaine

L'histoire s'accélere, le prochain cycle sera de dix ans, le suivant peut-être trois, nous sommes au carrefour de l'histoire humaine !, il nous faut choisir une direction pour l'avenir. Ce choix est individuel. Il sera décisif."

Il n'est pas question de continuer comme le veulent les conservateurs.

Pas question de revenir en arrière, comme le prônent certains utopistes passéistes. Il nous faut maintenant faire preuve d'imagination, trouver une dimension nouvelle.

En médecine, en particulier, il nous faut réfléchir à nouveau sur le concept de symptômes, de maladies, de santé. Celle-ci, la vraie, ne dépendra jamais d'une pilule. C'est un mythe ! (ce qui ne signifie pas que les pilules ne sont pas utiles, voire nécessaires, pour notre santé pour passer certains caps critiques).

On ne maîtrise la nature qu'en obéissant à ses lois. Et la science qui l'oublie est une science sans conscience ! C'est pourquoi je me suis intéressé à la naturothérapie ! Ce fut pour moi un aspect de ce choix, une transition vers le monde de demain.

Le médecin doit s'intégrer dans une dimension beaucoup plus large, maturante, éducative, au sein d'une nouvelle attitude individuelle et sociale et d'un nouveau mode de vie plus écologique, à une santé vraie et non factice. Sans renier l'allopathie quand elle est nécessaire (et on est alors bien content de la trouver) ni renier la qualité indiscutable de la médecine et de la recherche de nos C. H. U., il nous faut développer une recherche parallèle, dans la direction de la nature, dont la théorie instinctothérapique est un exemple.

La naturothérapie s'efforce de développer le pouvoir d'auto-guérison des malades. ce pouvoir existe bel et bien. Il peut être très puissant. Dans certaines conditions il s'exprime, et le rôle du naturothérapeute est de mettre son patient justement dans les conditions où il s'exprime.

Ce pouvoir d'auto-guérison oublié fait d'ailleurs partie du pouvoir d'homéostasie, caractéristique de tout être vivant (capacité de rester intègre malgré les agressions extérieures). L'instinct fait partie de ce pouvoir homéostatique.

Je sais gré a Guy-Claude Burger d'avoir ouvert au niveau de la nutrition cette voie de recherche de l'instinct, cette voie nouvelle pour la médecine et pour la naturothérapie.

Il m'a permis de donner à celle-ci ses bases scientifiques: la santé est le résultat de l'adaptation de nos gènes inchangés (ou, du moins, en mutation très rare) à notre environnement physique et psychique, malheureusement très rapidement modifié et de plus en plus par l'intervention de notre intelligence conceptuelle, c'est-à dire par l'intervention de la culture et de la technique.

Je crois ce livre extremement important, malgré son allure humoristique. Je concluerai par un souhait:

Puisse ce premier livre sur l'instinctothérapie ouvrir une nouvelle voie de recherches pour notre civilisation et pour notre médecine."

Docteur Jean Devernoix de Bonnefon

 

(Ancien chef de clinique à la Faculté de médecine. Président de l'Association nationale des Naturothérapeutes.)

 

 

 Sources :  http://www.geocities.com/HotSprings/7627/prefJDdB.html

 

  

Quand Bruno Comby m'a proposé de préfacer ce livre sur l'entomophagie ( du grec "entomos" qui signifie insecte et "phagos" qui signifie manger) j'ai d'abord cru à un canular. Mais le propre de tout esprit scientifique consiste justement à remettre en cause tous nos acquis pour faire de nouvelles découvertes, aussi bien dans le savoir théorique que dans ses applications pratiques. En ce qui concerne la santé, il peut être utile pour progresser de remettre en cause notre mode de vie et de prendre quelque recul par rapport à nos tabous culturels.

Après réflexion, l'idée de manger des insectes n'est pas saugrenue sur le plan médical. Peut-être est-elle même géniale sur le plan planétaire.

Aujourd'hui, plus d'un demi-milliard d'êtres humains souffrent de dénutrition, en particulier de carences en protéines ; avec la démographie galopante, on sait que le problème de la famine va encore augmenter à très court terme.

Plutôt que de considérer les insectes comme une plaie qui dévore nos réserves alimentaires, en particulier dans les pays les plus pauvres, et d'aggraver en outre la pollution de la planète en les combattant à coups d'insecticides chimiques, il me parait original et même très astucieux de les utiliser comme une possible ressource alimentaire. D'ailleurs, l'entomophagie n'est-elle pas inscrite en toutes lettres dans nos livres sacrés (Thora, Bible et Coran) ?

Les protéines alimentaires sont à la base de la construction de tous nos tissus. Ces protéines sont d'origine soit végétale, soit animale. Les protéines végétales, malgré leur qualité, ne sont pas toujours assimilables en totalité en l'absence d'acides aminés complémentaires. Leur transformation en protéines animales plus assimilables s'effectue dans les élevages traditionnels de vaches ou de porcs avec un très mauvais rendement. Les insectes sont des transformateurs beaucoup plus efficaces : le rendement est triplé. Ce d'autant plus que certains insectes comme les grillons sont omnivores et peuvent être nourris en grande partie d'aliments inconsommables pour nous, ce qui permet d'envisager une véritable écologie nutritionnelle.

Tuer le bétail pour le manger me parait un triple crime : contre l'animal, contre l'espèce humaine et contre l'intelligence dans la mesure où le bétail est nourri, avec un rendement d'ailleurs dérisoire, de protéines végétales souvent importées du tiers-monde, lui-même protéiquement dénutri. Il faut plus de 10 grammes de protéines végétales pour obtenir un seul gramme de protéine animale. De fait nous nous nourrissons donc de la famine des pays pauvres. En outre, nous en tirons beaucoup de souffrance nous-mêmes, puisque le cancer et l'athérome (obstruction des artères) qui à eux seuls constituent les trois quarts de la mortalité des pays développés sont en grande partie liés, on le sait, à la consommation de viande.

Les protéines d'insectes sont, à la fois en quantité, en qualité et en valeur biologique (capacité d'utilisation par l'organisme), d'un rendement égal ou supérieur à celui de la viande. De plus, les insectes sont quantitativement presque inépuisables. En effet, les insectes constituent les quatre-cinquièmes de toute la masse animale sur terre. On en trouve partout, même dans les régions les plus arides comme le Sahara. D'autre part, leur potentiel de reproduction en élevage est infiniment plus rapide que celle du bétail.

Les coutumes alimentaires actuelles de nombreuses tribus en Amérique, en Afrique et en Asie, ainsi que les multiples expériences de l'auteur prouvent que manger des insectes est une chose possible, les insectes étant même délicieux (insectes, oeufs d'insectes et larves).

Les insectes font d'ailleurs partie de la plage alimentaire ancestrale des hommes ainsi que de tous les primates dont nous sommes une branche. Tous les singes en mangent dans la nature. L'idée que nous puissions nous aussi en tant qu'espèce humaine en manger est donc une possibilité à prendre sérieusement en considération.

Dans le tiers-monde, qui souffre actuellement non seulement de carences nutritionnelles générales, mais surtout de carences spécifiques en protéines, les insectes sont d'ores et déjà une ressource alimentaire non seulement rentable, mais même indispensable et irremplaçable.

Le problème numéro un dans le monde reste celui de la faim. Pour le résoudre, nous ne devons négliger aucune voie. Dès maintenant, scientifiques, nutritionnistes, médecins et écologistes, nous devons tous nous pencher ensemble sur la recherche de nouvelles ressources alimentaires.

A mon avis, sur le plan médical, scientifique, économique, comme sur le plan moral, la réflexion de l'auteur ne doit donc pas être considérée comme un amusement intellectuel, mais comme une base de départ pour une nouvelle approche sur l'utilité des insectes dans l'alimentation humaine.

Dr Jean de Bonnefon
Docteur en médecine
Ancien Chef de Clinique à la Faculté de Médecine de Paris (C.H.U. de la Pitié-Salpétrière)
C.E.S. de nutrition clinique
Président-Fondateur de l'Association nationale des médecins naturothérapeutes français

http://www.comby.org/base/basefr.htm

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